Avec un peu (beaucoup) de retard voici une nouvelle chronique dans le cadre du Challenge sur le forum des Accros & Mordus.
Le livre
Résumé : " Je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à un mari... " Sincère, tourmentée, la princesse de Clèves ne parvient plus à taire ses sentiments. Elle brûle d'amour depuis trop longtemps pour le duc de Nemours, l'un des plus beaux fleurons de la cour d'Henri II. Son désir est ardent ! Désespéré ! Mais elle a juré fidélité à son époux, le prince de Clèves
Elle aspire au bonheur et ne peut brader sa vertu. Elle veut aimer sans trahir... Cruel dilemme ! Faut-il donc renoncer au monde ? Faire ainsi le malheur d'un mari et d'un amant ? La mort est-elle préférable aux affres de l'amour ? Du mariage au déchirement, de la pudeur au sacrifice... Madame de La Fayette exprime jusque dans ses plus impudiques silences la langue subtile de la passion
La Princesse de Clèves est l'un de mes livres préférés pour la justesse de son propos. Loin des histoires d'amour clichées, Madame de La Fayette réalise une véritable étude sociologique de son époque, avec finesse et sagesse pour donner un des romans les plus marquants de la littérature. Si l'impossible histoire d'amour des deux personnages donne parfois au livre des longueurs, elles sont très vite oubliées grâce à la force du propos. Je suis ravie d'avoir eu l'occasion de relire le livre dans le cadre de ce challenge!
Le film
Résumé: Junie, seize ans, change de lycée en cours d'année suite à la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son cousin Matthias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d'amis. Junie est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée du plus calme d'entre eux, Otto. Mais bientôt, elle sera confrontée au grand amour, celui de Nemours, son professeur d'italien. La passion qui naît entre eux sera vouée à l'échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion.
J'étais très intriguée par cette "libre adaptation" de Christophe Honoré (dont j'adore les comédies musicales telles que Les chansons d'amour ou Les Biens-aimés). L'histoire est ici transposée à notre époque dans un lycée tout ce qu'il y a de plus banal. Je trouve que les relations entre les personnages sont très bien adaptées notamment la relation Junie/Nemours ou Junie/Otto. Les grandes lignes de l'histoire sont respectées, bien que le réalisateur ajoute certains évènements nouveaux (normal plus que les deux histoires ont plusieurs siècles d'écart). Je trouve la fin toujours aussi bouleversante, et injuste. Mention spéciale pour le couple Louis Garrel/Léa Seydoux que je trouve formidable, tandis que Grégoire Leprince-Ringuet est un peu en dessous niveau jeu.
Bilan: à lire & à voir!
mardi 9 juillet 2013
vendredi 1 mars 2013
Les Hauts de Hurle-Vent - Emily Brontë
Je démarre ce challenge par ma dernière lecture et un film vu au mois de janvier dernier.
Le livre
Le livre
Les Hauts de Hurle-Vent
Emily Brontë
Résumé : Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.
Une longue lecture mais qui n'en reste pas moins très intéressante et très marquante. Très riche en émotion le succès d'Emily Brontë n'en est pas moins déroutant de part la sauvagerie qu'il décrit et cet aspect rugueux dont sont empruntes toutes les pages. Des personnages qui ne savent pas s'aimer, qui se déchirent qui se font du mal, il est finalement bien difficile de distinguer les bons des méchants, les victimes des bourreaux. Le roman est un long récit vu à travers les yeux d'un étranger, Mr Lockwood, comme un inconnu qui regarderait à travers le trou d'une serrure une histoire qui n'est pas la sienne. J'irai presque jusqu'à dire que la fin est baclée parce que j'aurais aimé savourer un peu plus le triomphe de l'amour. J'ai d'ailleurs eu un petit coup de coeur pour le personnage de Hareton Earnshaw qui est touchant dès son apparation dans l'oeuvre et on a bien souvent du mal à accepter tant d'injustices. Une lecture très intéressante que je ne suis pas déçue d'avoir faite puisqu'il s'agit d'un incontournable. Et puis, après avoir lu tant de livres sur la vie des soeurs Brontë, je me suis rendue compte que je n'avais jamais réellement lu un de leurs livres. Erreur réparée donc et qui me donne envie de découvrir l'univers de sa soeur, Charlotte.
Le film
Les Hauts de Hurlevent
Andrea Arnold
Résumé : M. Earnshaw, propriétaire du domaine des "Hauts de Hurlevent", élève ses deux enfants, Hindley et Cathy. Un jour, il recueille un jeune bohémien, Heathcliff...
En vérité j'ai commencé à voir le film d'Andrea Arnold avant de m'intéresser au livre mais je trouvais plus judicieux de le présenter dans cet ordre-là puisque ce n'est qu'après coup que j'ai pu analyser le film. Je dois d'abord dire que je ne connaissais pas du tout l'univers de cette réalisatrice avant de voir le film et que du coup, j'en ai été un peu "agressée" parce que je ne m'attendais pas du tout à ce genre de film. Après le romantisme de Jane Eyre, ce film paraît en décalage avec les attentes du public. La durée (plus de 2h) en fait un film particulièrement éprouvant, sans compter cette façon de filmer constamment caméra à l'épaule qui introduit un certain malaise tout au long du film. Le format est également original puisqu'il s'agit d'un 1.85 : 1, c'est-à-dire d'un format presque carré, choix que je juge judicieux puisqu'il retranscrit bien cette atmosphère trou de serrure que l'on ressent dans le livre, comme si le spectateur était à la place de Mr Lockwood. Le film se focalise sur la première partie du roman avant la mort de Catherine, et il est vrai qu'il est un peu dommage d'oublier la fin. L'adaptation est très sombre mais retranscris assez fidèlement je le pense les sentiments d'Emily Brontë lorsqu'elle écrivait ce livre, car ce n'est finalement pas une belle histoire d'amour mais on contraire une histoire de trahison particulièrement violente et bouleversante. Certains choix de la réalisatrice sont donc très intéressants à analyser mais dans la globalité le film est trop éprouvant, on en ressort fatigué, harassé, comme si nous aussi on avait couru toute la nuit dans la plaine des Hauts de Hurle-Vent...
Challenge Accros & Mordus
Comme en 2012, Accors & Mordus a lancé ses challenges pour 2013 mais sous un format un peu plus différent et plus libre cette année. Je me suis donc inscrite au challenge adaptation :
Ce challenge consiste à choisir des oeuvres que ce soit des livres, des films ou des séries qui possèdent une adaptation et les découvrir. Le but étant de comparer les deux et d'énumérer les bons points comme les moins bons.
Vu que je ne suis pas sûr d'arrive au bout, je me suis inscrite en catégorie Néophyte c'est-à-dire 0 à 5 livres, avec un peu de chance je parviendrai à augmenter au cours de l'année.
Si vous êtes intéressé, c'est par là !
jeudi 3 janvier 2013
Challenge légende Arthurienne
Cette année, le challenge Légende Arthurienne passe en illimité (pour ça aussi je suis faible, trèèèèèès faible). Le but étant toujours de lire le maximum d'aventures autour de ce sujet passionnant.
Cependant, les catégories se sont corsées cette année :
Niveau Roi Arthur : Lire 100 livres.
.
Niveau Merlin : Lire 90 livres.
.
Niveau Dame du Lac : Lire 80 livres.
.
Niveau Perceval : Lire 70 livres.
Niveau Morgane : Lire 60 livres.
.
Niveau Mordred : Lire 50 livres.
.
Niveau Gauvain : Lire 40 livres.
.
Niveau Galahad : Lire 22 livres.
.
Niveau Lancelot : Lire 15 livres.
.
Niveau Bohort : Lire 10 livres.
.
Niveau Guenièvre : Lire 5 livres.
.
Niveau Yvain : Lire 3 livres.
Soyons fous, mais pas trop, je me lance en catégorie Galahad (parce que c'est le meilleur), et je vais donc tenter de lire 22 livres.
Si vous êtes intéressés, c'est par ici !
Challenge Sherlock Holmes
Bon, voilà, j'ai une fois de plus craqué pour ce challenge, mais dès que je vois Sherlock Holmes et une photo de Benedict Cumberbatch je me fais avoir (je suis désespérément faible...). Mais vu que c'est un challenge en illimité, je ne me prends pas trop de risque.
Organisé par Lavinia sur livraddict, le but est simple : lire le maximum d'aventures de Monsieur Holmes et de son compère Watson.
Il existe trois niveaux de lectures :
Watson: 1 à 3 livres.
Moriarty: 3 à 6 livres.
Sherlock: 6 et plus.
J'ai décidé de m'inscrire en Sherlock (c'est en illimité, autant en profiter !)
Pour indication, voici une livre des aventures de S. Holmes écrite par Conan Doyle :
Une étude en rouge, 1887 : roman
Le Signe des quatre, 1890 : roman
Les Aventures de Sherlock Holmes, 1892 : recueil de nouvelles
Les Mémoires de Sherlock Holmes, 1894 : recueil de nouvelles
Le Chien des Baskerville, 1902 : roman
Le Retour de Sherlock Holmes, 1905 : recueil de nouvelles
La Vallée de la peur, 1917 : roman
Son dernier coup d’archet, 1917 : recueil de nouvelles
Les Archives de Sherlock Holmes, 1927 : recueil de nouvelles
& en plus de tout ça, il existe plein de réécritures, parodies, pastiches, qui rentrent aussi dans le challenge !
Vous voulez vous inscrire? C'est par là !
Et merci encore à Lavinia pour son chouette challenge !
jeudi 27 décembre 2012
Challenge ABC 2013
Je suis consciente que j'ai été une très mauvaise challengeuse en 2012, c'est pourquoi, je décide de retenter l'expérience afin de m'améliorer en 2013 (en même temps, ça va pas être bien difficile!). Le principe du challenge ABC reste le même : choisir un auteur par lettre, un minimum de 4800 pages pour l'ensemble des livres. Toutefois, cette année, certaines nouveautés sont proposées puisqu'on peut désormais choisir entre trois options :
A comme Aléatoire : Vous avez la possibilité de ne pas fixer votre liste ! Je vous en demande une minimale pour valider le challenge, mais elle pourra être modifiée autant de fois que vous le voudrez. Attention, si cette option peut sembler alléchante, elle est réputée plus difficile , car, vous n’avez pas de cadre fixe… et c’est toujours le nom de l’auteur qui prime. Je vous conseille d’établir une liste de 26 auteurs, que vous changerez à loisir. Attention toutefois au nombre de pages lues : c'est un des points primordiaux, et lorsque vous ferez vos changements, méfiez-vous de ne pas vous retrouver en dessous des 4800 pages necessaire. Je rappelle qu'en fin d'année, si l'une de ces conditions n'était pas remplie, malgré 26 livres lus, le challenge serait caduc ! Dans cette option, pas de Manga-BD, ni film.
B comme Bi-technologies : Vous pourrez intégrer à votre challenge, des BD ou manga, des Films… (Un film compte pour 50 pages, quelque soit sa durée) Pour les BD, le dessinateur compte autant que l'auteur. A vous de choisir la lettre qui vous convient. Par contre pour les films, c'est le réalisateur. La liste pourra être modifiée uniquement trois fois !
C comme Combiné : Cette option va vous permettre de combiner le challenge ABC aux challenges de Livr@ddict (Baby, Big, et autres challenges en cours). Par conséquent, votre liste devra contenir des livres des autres challenges, mais conserver le But principal = marier les styles. Il ne s'agit pas ici de faire un challenge spécifique en une seule catégorie. Attention, pour certaines lettres, cela peut s’avérer difficile, ou impossible, il faudra donc compléter avec des livres hors challenges… La liste pourra être modifiée uniquement trois fois ! Dans cette option, pas de Manga-BD, ni film.
Pour moi, ce sera l'option B !
Voici donc ma liste pour le challenge ABC 2013 :
A - Anderson Eli : Oscar Pill tome 1, La Révélation des Médicus - Jeunesse, Fantasy (571 pages)
B - Binisti Thierry : Une bouteille à la mer - Film (compte pour 50 pages)
C - Christie Agatha : La mort n'est pas une fin - Policier (224 pages)
D - Doyle Arthur : Sherlock Holmes : Son dernier coup d'archet - Policier (252 pages)
E - Enard Mathias : Parle-leurs de batailles, de rois et d'éléphants - Historique (154 pages)
F - Follet Ken : Un monde sans fin - Historique (1337 pages)
G - Gondry Michel : L'écume des jours - Film (compte pour 50 pages)
H - Hugo Victor : L'homme qui rit - Classique (838 pages)
I - Ionesco Eugnène : La leçon - Théâtre (environ 130 pages)
J - Jeunet Jean-Pierre : Le fabuleux destin d'Amélie Poulain - Film (compte pour 50 pages)
K - Kennedy Douglas : L'homme qui voulait vivre sa vie - Contemporaine Drame (497 pages)
L - Lacombe Benjamin : Blanche-Neige - Conte, album (40 pages)
M - Mashima Hiro : Fairy Tail tome 1 - Manga Shonen (192 pages)
N - Nicholls David : Un jour - Contemporaine (620 pages)
O - Orwell Georges : 1984 - Science-Fiction (environ 400 pages)
P - Proust Marcel : Un amour de Swann - Classique (254 pages)
Q - Queneau Raymond : Les fleurs Bleues - Classique (275 pages)
R - Roché Henri-Pierre : Jules et Jim - Contemporaine (243 pages)
S - Shelley Mary W. : Frankenstein ou le Prométhée moderne - Classique, Science-Fiction (environ 350 pages)
T - Tornatore Giuseppe : Cinema Paradiso - Film (compte pour 50 pages)
U - Ungerer Tomi : Otto, autobiographie d'un ours - Jeunesse (34 pages)
V - Vigan Delphine de : No et moi - Contemporain (287 pages)
W - Westerfield Scott : Uglies tome 3, Spécials - Dystopie (381 pages)
X - Xavier Philippe : Croisade tome 1, Simoun Dja - Bande Dessinée (56 pages)
Y - Yahia Belaskri : Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut - Contemporaine (128 pages)
Z - Zeller Florian : Julien Parme - Contemporaine (254 pages)
Ce qui me fait un total de plus de 7717 pages !
dimanche 23 décembre 2012
Le Mariage de Figaro
Résumé : Oubliant les nombreux services que son valet Figaro lui a rendus dans Le Barbier de Séville, le comte Almaviva tente de lui dérober sa fiancée Suzanne. Avec l'ingéniosité de celle-ci et l'aide de la comtesse, Figaro obtiendra-t-il enfin la main de celle qu'il aime ? Deuxième volet de la célèbre trilogie de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, selon le mot de Bonaparte, " c'est déjà la Révolution en action ". Dénonciation des abus de la noblesse, contestation du privilège de la naissance, satire de la justice : à bien des égards, cette pièce écrite en 1778 est révolutionnaire avant l'heure. Mais la folle journée ", pleine de rebondissements et de quiproquos, de chansons, de tableaux vivants et de morceaux de bravoure, est avant tout le chef-d'œuvre d'un dramaturge virtuose
Mon avis : C'est toujours aussi délicat, car après parler de Cyrano, je dois parler de Figaro, qui est lui aussi un personnage que j'affectionne tout particulièrement. Ce que j'aime chez Beaumarchais c'est toute la dimension sociale et politique qu'il a su ajouter à son oeuvre; bien au-delà d'un valet qui veut épouser une jolie jeune femme, on trouve toute une réflexion philosophique sur la légitimité du pouvoir des nobles, soulevée par Figaro lui-même, ce Scapin du XVIIIe siècle, lui aussi dépassant le maître par l'intelligence et bien d'autres talents. J'en profite pour vous parler d'une mise en scène mémorable que j'ai eu la chance de voir l'été dernier, pas très loin d'Avignon : celle de la compagnie Comédiens & cie. Mêlant la pièce de Beaumarchais et l'opéra de Mozart, le spectacle était un concentré de magie et de féerie rondement mené par un acteur irréprochable, à la fois danseur, comédien et acrobate. A voir si ça passe pas très loin de chez vous !
Cyrano de Bergerac - Rostand
Résumé : La gloire d'Edmond Rostand est inimaginable aujourd'hui. Ses contemporains le tiennent pour le plus grand écrivain de tous les temps. Cyrano de Bergerac suscite une véritable adoration, indéfiniment renouvelée. On devrait encore savoir par cœur ces vers piaffants, cliquetants, étourdissants, à l'image de ce héros romantique et baroque, de ce d'Artagnan amoureux. Savant fou tombé de la Lune ou ferrailleur éblouissant, si tous les Français se reconnaissent en lui, s'il nous arrache des larmes, c'est parce qu'il est vrai, d'une profonde vérité humaine. C'est lui que Roxane aimait, son intelligence, son esprit, et non le beau et ennuyeux Christian. Cyrano est une part de nous-mêmes, le vengeur des humiliés et des offensés, des timides et des ratés de l'amour. À la fin de l'envoi, c'est toujours lui qui gagne.
Avis : Une de mes pièces de théâtre préférées (pour ne pas dire ma pièce de théâtre préférée), tant elle me fascine par l’intelligence de son texte et le génie de ses personnages. Faite d'intrigues, de rebondissement et d'histoires d'amour, elle réunit tous les ingrédients pour faire d'elle un chef d'oeuvre de la littérature française. Je ne trouve à l'heure actuelle aucun point négatif à mentionner, tant j'aime ce texte, du premier au dernier mot. Je me souviens d'ailleurs avoir vu une mise scène de la comédie française à la télévision alors que j'avais une dizaine d'années, de là, il me semble est née mon adoration pour Cyrano, son verbe, et son panache. Je ne pourrais me lasser de le lire et de le relire encore, tant il a de nombreuses choses à nous apprendre sur nous même et sur la vie. Et puis, on ne peut pas dire que l'on n'aime pas le théâtre après avoir lu Cyrano...
La Cantatrice chauve - Ionesco
Résumé : Qu'importe que la cantatrice soit chauve puisqu'elle n'existe pas ! Dans cette petite "anti-pièce", première oeuvre dramatique de Ionesco, il n'est fait référence que deux fois à la cantatrice chauve, personnage dont on ne sait rien et qui n'apparaît jamais. Il s'agit bien là d'un Nouveau Théâtre, celui qui donne naissance à des pièces sans héros, sans sacro-sainte division en actes, sans action, sans intrigue, avec en guise de dénouement la quasi-répétition du début, et dont les traditionnelles retrouvailles sont remplacées par une parodie de reconnaissance d'une invraisemblance ahurissante. Les personnages, tout droit sortis d'un manuel de langue, ne s'expriment que par clichés, disent une chose pour aussitôt affirmer son contraire, trouvent une jubilation idiote à employer proverbes et maximes tout en les pervertissant sans même s'en apercevoir... Cependant, très vite, le langage s'"autonomise", se libère de toute contrainte, et l'on assiste avec plaisir au divorce du sens et du verbe. Il en résulte un petit chef-d'oeuvre comique, traité sur l'absurde, variation sur la bêtise et paradoxalement éloge du pouvoir du langage.
Avis : Le théâtre de l'absurde a cette particularité d'être souvent incompris voire méprisé par les uns et les autres sous prétexte qu'il est différent. Et La Cantatrice chauve ne fait pas exception à la règle, tantôt louée, tantôt violemment critiqué, cette oeuvre fait débat. Je me rangerais plutôt du côté de ceux qui crient au génie, le génie d'aller tellement loin dans l'absurde qu'il est difficile d'en revenir. Le texte est un concentré de perles rares, et chaque scène réserve son lot de surprise. Pour une fois, je dirais que je préfère lire le texte plutôt que de le voir, car les mises en scène sont souvent difficile, et ne mette parfois pas assez le texte en valeur. Je l'ai lue, relue, et rerelue sans m'ennuyer une seule fois, tant je trouve l'intrigue intrigante et les personnages difficile à cerner. Un véritable coup de coeur !
Le Cid - Corneille
Résumé : "Rodrigue, as-tu du coeur ? Tout autre que mon père l'éprouverait sur l'heure..." Qui de nous n'a pas été bercé par l'épopée du Cid ? Noble, vaillant, sans égal, sans rival. Amoureux de Chimène, aimé en retour, accablé par le sort, car pour sauver l'honneur de sa famille il lui faut perdre une maîtresse. L'affront est rude. Un soufflet ! Homme de coeur, Rodrigue ne peut que venger son père d'un tel outrage. A son tour, Chimène demande justice. "Tu t'es, en m'offensant, montré digne de moi, je me dois, par ta mort, montrer digne de toi." Cruel conflit entre devoir et passion qui pousse les deux amants à s'opposer. A tant de grandeur d'âme, le Ciel ne peut être insensible...
Avis : C'est toujours assez délicat de chroniquer des classiques de la littérature. Difficile de dire qu'on n'a pas aimé (l'oeuvre est reconnue comme magistrale depuis des siècles) mais difficile aussi de critiquer le style (c'est en général extrêmement travaillé, au point qu'on l'analyse à l'école). Le Cid fait partie de ces pièces de théâtre que j'ai trouvé très bien écrite, mais que je regrette de ne pas avoir vu sur scène. Le vers s'adapte assez bien à la lecture, mais au niveau des sentiments etc. ça passe quand même beaucoup mieux quand c'est un acteur qui vous récite les répliques. L'intrigue est palpitante, et j'avoue qu'à partir d'un certain moment, j'étais poussé par l'envie d'en savoir un peu plus. Pourtant j'ai trouvé assez difficile de rentrer dans l'histoire, style oblige. Aujourd'hui, plus personne ne parle en vers, sans compter le vocabulaire assez soutenu, qui nécessite quelques fois un dictionnaire. Dans la globalité, l'oeuvre est une bonne surprise que je ne regrette pas d'avoir abordé lors d'une lecture personnelle (les analyses en cours ont parfois tendance à nous lasser). Prochaine étape, voir le Cid sur scène !
Les fourberies de Scapin
Résumé : Branle-bas de combat dans les ruelles napolitaines ! Octave a, en secret, épousé Hyacinthe, la jeune femme qu'il aime, mais voilà que son père a décidé à son tour de le marier à une inconnue ; quant à Léandre, c'est Zerbinette qu'il aime, mais son père en a lui aussi décidé autrement. Alors, que vont bien pouvoir faire ces deux jeunes gens sans le sou contre la puissance et l'autorité de leurs barbons de pères ? Faire appel à Scapin, bien sûr, le valet bondissant et malicieux, joueur et beau parleur : rien de tel que l'un de ses nombreux tours pour retourner la situation !
Mon avis : Molière quand tu nous tiens, difficile de te lâcher. Les fourberies, c'est le talent à l'état pur d'un certain Jean-Baptiste, fils de personne qui a su ce faire un nom dans le monde très prisé de la littérature française. Difficile de critiquer une oeuvre pareille puisque je l'adore et que je la trouve en tout point admirable. J'ai eu la chance de la voir plusieurs fois sur scène, dans des mises en scènes plus ou moins intéressantes, avec pour seul point commun un texte génialissime et inoubliable. Le personnage de Scapin est sans aucun doute mon préféré, il préfigure Figaro, le valet savant, bien que celui-ci soit fourbe et ait plus d'un tour dans son sac. A lire, a relire, et à lire encore tellement c'est génialement bien !
Le vieil homme et la mer - Hemingway
Résumé : Le roman met en scène deux personnages principaux : Santiago, un vieux pêcheur pauvre, et Manolin, jeune garçon tendre. L’histoire se déroule à Cuba, dans un petit port près du Gulf Stream.
Manolin accompagne Santiago à la pêche, mais ils n’ont rien pris depuis 84 jours. Les parents de Manolin qui trouvent que Santiago est « salao » ou « salado », c'est-à-dire malchanceux, décident qu’il embarquera sur un autre bateau, celui-ci ramène en effet trois grosses prises en une semaine!
Chaque soir Manolin voit le vieux revenir bredouille, cela lui cause une grande tristesse, il l’aide à remonter la barque, les lignes et le harpon. La voile, usée et rapiécée, roulée autour du mât, figure le drapeau en berne de la défaite. Le jeune garçon lui trouve de quoi manger et prend soin de lui, il a peur de le voir « partir », il n’est pas question de pitié, mais d’amour et de respect.
Mon avis : Une fois de plus, une lecture qui m'a ravie, d'autant que je l'ai lue deux fois au cours de l'année (en français puis en anglais dans le cadre de la littérature anglaise au lycée). J'ai particulièrement apprécié l'idée que le livre soit un très long poème en prose, comme une ode à la vie, à l'amitié, à la vieillesse aussi. La plume de Hemingway est parfaite, mélancolique, triste parfois, mais admirable. La lecture en anglais m'a d'ailleurs permis de voir à quel point le style était travaillé. J'ai toutefois été un peu surprise par la fin. Surprise plutôt que déçue, mais en fermant le livre, j'ai tout de même gardé un sentiment un peu amer. Car finalement, si le monde auteur du vieil homme change son regard, celui-ci semble ne pas avoir évolué. La fin ouverte, permet tout de même d'imaginer l'écriture du meilleure histoire pour Santiago et Manolin...
Dix petits nègres - Agatha Christie
Résumé : Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?
Mon avis : Peu de temps avant la fin du challenge sur Accros & Mordus de lecture, je tente d'améliorer (un peu) mon score en rattrapant toutes mes chroniques en retard. J'ai pris beaucoup de plaisir à relire ce classique du roman policier que j'avais découvert au collège et qui m'a une fois de plus fait frissonner. Je pense que la force du roman est sans aucun doute le suspense qu'il dégage, et la tension, dû aux indices que la romancière laisse dans chaque chapitre. Moi qui avait oublié le nom du coupable, je n'ai réussi à le retrouver que dans les derniers chapitres. Au niveau du style, c'est direct et économique, on ne se perd pas dans des détails insignifiants et le livre est très accessible. Ce qui me prouve une fois de plus que la reine du polar est sans aucun doute Madame Agatha Christie !
mardi 30 octobre 2012
Summertime (The Dynamiter) - Matthew Gordon
Résumé : Robbie, un adolescent de 14 ans, nourrit secrètement l’espoir de réunir la famille qu’il n’a jamais connue.
Délaissé par sa mère et de père inconnu, il veille au quotidien sur Fess son jeune demi-frère.
Ensemble, ils passent le temps en trainant entre les champs de coton ensoleillés et le distributeur de sodas de la vieille station essence de leur petite ville du Mississippi.
Un jour, leur grand frère Lucas est de retour à la maison. Le rêve de Robbie de reconstruire une famille se dessine enfin…
Bon, je me lance et je décide enfin de rattraper mes chroniques en retard de cet été. J'ai décidé de commencer avec Summertime, cinéma indépendant américain, je t'aime. Matthew Gordon, jeune réalisateur américain qui a déjà quarante-deux ans, réussit le paris fou d'être américain et de faire un film produit par sa famille, qu'il a sollicité pour le financement. On y retrouve aucun acteur connu, le réalisateur avoue d'ailleurs avoir fait un casting pour le moins sauvage, et tourné avec des non-professionnels (pour des raisons financières évidentes, mais peut-être est cela qui fait la magie du film?). Pour en revenir au film, Summertime c'est l'histoire de l'anti-rêve américain, celui d'un gamin de 14 ans, Robbie, qui vit seul avec sa grand-mère et son petit frère (né d'un autre père), et qui attend une mère enfuie depuis longtemps et qui ne reviendra pas. C'est l'été et Robbie, élève plutôt médiocre, doit faire une rédaction pour son professeur, qui lui assurera ou non une place dans l'école l'année prochaine. Mais la petite famille vit difficilement, alors Robbie doit travailler, dans une station essence de son petit village paumé. Un évènement inattendu survient, le grand frère de Robbie débarque. Le jeune garçon fait le rêve un peu fou de reconstituer sa famille, le temps d'un été. Mais....
La force extraordinaire de ce film, est de montrer sans violence ni autres effets spectaculaires la misère de ces jeunes américains qui ont perdu espoir. Comme je le précisais plus haut, les acteurs sont non-professionnels, ce que j'ai d'ailleurs eu du mal à croire lorsque j'ai vu le film, étant donné l'extraordinaire présence à l'écran de William Ruffin (Robbie). Le réalisateur joue sur l'économie des dialogues, la caméra se place à la hauteur de Robbie. Les paysages sont sublimés, on voit un véritable travail sur la photographie, les couleurs, chaque plan semble travaillé. Matthew Gordon déjà connu par la télévision américaine pour ses reportages, réussit ce qui semble être un véritable travail de terrain, en se mettant dans la peau de ses personnages, tout est dans la justesse et ne bascule pas dans le mélo invraisemblable. Enfin, je dois dire que j'adore tout simplement l'idée de l'été pour faire un film. L'été d'un adolescent où il ne sera passé vraiment rien d'extraordinaire, pourtant plus rien ne sera jamais pareil. Un vent de nostalgie souffle parfois, comme le regret d'une époque perdue, mais Robbie va de l'avant, et a cette même fureur de vivre qu'avait James Dean et tous ceux qui s'accrochent à la vie.
Une perle du cinéma indépendant, un réalisateur à suivre.
vendredi 31 août 2012
Death Note tome 2
Death Note tome 2
Tsugumi Ohba
Résumé : Light entend bien imposer au monde sa vision de la Justice ! De nombreux criminels sont morts après que leurs noms aient été inscrits dans le Death Note ! Alerté par ces morts étranges, le FBI enquête au Japon. Light fait partie des suspects mais, grâce au Death Note, il parvient à se débarrasser des soupçons qui pèsent sur lui.
Malgré cela, L, continue à suivre le jeune homme !
Mon avis : Je ne cesserais jamais de le dire, cette saga me semble parfaite. Avec ce deuxième tome, on est encore plus au coeur du problème du Death Note. Tout évolue comme un thriller psychologique. Si on s'était identifié à Light dans le premier tome, on a du mal à franchir avec lui la barrière entre le bien et le mal. On trouve de nombreux rebondissements, qui font ressortir la personnalité dangereuse de Light, qui est un être à la fois puéril et diabolique. J'aime également le fait que l’étau se resserre entre L et Light. On voit ainsi la grande proximité entre ces deux personnages. Ainsi, l'histoire aurait pu être inversée, si c'était L qui avait découvert le cahier avant Light.
Parlons aussi des dessins. Ils sont très réels et très sombres, ce qui crée un univers particulièrement effrayant. J'aime le retournement de situation, alors qu'on avait jamais vu les yeux de L auparavant, on découvre enfin son visage (ce qui lui vaut la couverture du volume d'ailleurs). Je trouve que le Dieu de la mort quant à lui est toujours aussi effrayant (il a d'ailleurs un peu l'aspect du Joker de Batman).
Enfin, niveau scénario, la tension monte tout au long du volume. Persuadé que L va coincer Kira, on se prend au jeu, mais c'est sans penser que Light est beaucoup plus malin que ça. Encore mieux que le premier, qui s'attardait un peu sur l'utilisation du Death Note, une ambiance thriller se met en place. Light dépasse les limites, et la question qui se pose est : jusqu'où va-t-il aller ?
Un sans faute pour le moment pour ce manga que je qualifie sans hésitation de coup de coeur !
Lu pour mon challenge ABC
Inscription à :
Articles (Atom)






